Nouveau site pour le GRMF

Présentation

L’aventure collective du Groupement pour la recherche sur les mouvements familiaux (GRMF) a commencé en 1982, date de sa création.

Le GRMF rassemble tous ceux – militants, anciens militants, chercheurs et universitaires : sociologues, historiens, politistes… – qui s’intéressent à l’histoire et à l’action des mouvements familiaux et d’origine familiale. Le Groupement s’est donné comme but de promouvoir toutes recherches et manifestations en ce domaine, avec le soutien actif des diverses organisations.

Un cycle s’achève avec la publication d’un Index général valant pour les 14 premiers Cahiers du GRMF.

Cette série de travaux originaux couvre une partie de la postérité de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), de la fin des années 30 au milieu des années 50. Elle éclaire notamment le Mouvement populaire des familles (MPF) et ses suites dans différents domaines : familial – défense et services (AFO-CSF, APF, CLCV mais aussi UNAF), culturel (MLO, INFAC, Culture et Liberté) et politique (MRP, UGS – PSU, PC)… Plusieurs cahiers abordent aussi la postérité de la Jeunesse agricole catholique (JAC) dans le domaine familial et au plan des services.

Nous avons ainsi voulu contribuer à la socio-histoire d’un creuset militant exceptionnel, aussi riche et démultiplié qu’il est méconnu dans les travaux académiques et par bon nombre d’acteurs sociaux d’aujourd’hui, qui en sont parfois les héritiers. Notre travail est basé sur l’analyse d’archives (désormais déposées à Roubaix aux Archives du monde du travail), et s’est beaucoup enrichi du point de vue des acteurs de cette période, tout à la fois témoins actifs et co-producteurs de leur mémoire collective. C’est en ce sens une tentative d’histoire totale, objective et subjective tout à la fois.

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N° 1 – LES MOUVEMENTS FAMILIAUX POPULAIRES ET RURAUX

Créée en 1934, la Ligue ouvrière chrétienne (LOC)  se transformait en 1941 en Mouvement populaire des familles (MPF). A cette date une telle mutation dans la logique de l’action catholique et le choix de devenir une sorte de « GGT des familles », font du MPF une organisation singulière, pour des hommes et des femmes étonnants : militants ouvriers, militants de quartier et militants chrétiens tout à la fois. Aujourd’hui, après divers évènements, que relatent cet ouvrage, le MPF doit être considéré comme l’origine, sinon l’inspirateur, d’une galaxie d’organisations familiales, culturelles, sociales et même politiques : les APF (Associations populaires familiales), la CSF (Confédération syndicale des familles), la CSCV (Confédération syndicale du cadre de vie), l’aide familiale populaire, les maisons familiales de vacances, Culture et Liberté, le PSU (pour partie), et tant d’autres.

En cette année 1941, se créaient le Mouvement familial rural et le Centre national de la famille rurale, dont le développement offre des points de comparaison avec celui du MPF. Depuis, la Famille rurale s’est elle aussi profondément transformée. Elle constitue, à présent, un des piliers de l’organisation du monde rural avec les Maisons familiales d’apprentissage rural et la Fédération nationales des associations familiales rurales.

Pour tous ces mouvements, la famille a représenté une référence centrale. Toutefois, le MPF comme la CNFR ont sans cesse  affirmé la spécificité des familles populaires et rurales, au contraire des grands mouvements familiaux nés au début du siècle ou dans l’entre deux guerres. De ce fait, leurs rapports avec l’Union nationale des associations familiales, dispositif de représentation créé en 1942 et transformé en 1945, seront parfois tumultueux.

La rupture des liens institutionnels avec l’Église, mater et magistra, marque aussi la genèse de ces mouvements. Dès 1950, quand l’épiscopat reconstitue l’Action catholique ouvrière, l’ACO, on peut dire que la déconfessionnalisation du MPF est acquise. Par contre, du côté rural la distinction entre mouvement familial et d’action catholique se fera plus tard.

Ces organisations et leurs ramifications, qui ont contribué à marquer, à leur façon, la vie sociale et politique française, n’avaient guère retenu jusqu’à présent l’attention des spécialistes . Il convenait de combler cette lacune. C’est dans ce but que le Groupement pour la recherche sur les mouvements familiaux a pris l’initiative d’organiser en octobre 1982 des journées d’études qui ont rassemblé des chercheurs sociologues, historiens et responsables, anciens et nouveaux, de ces diverses associations.

L’histoire des mouvements familiaux populaires et ruraux est riche d’enseignements. Ces premiers travaux, loin de clore la réflexion, doivent inciter tous ceux que la question intéresse à poursuivre la recherche collective entreprise.

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N° 2 – DE L’ACTION CATHOLIQUE AU MOUVEMENT OUVRIER

En moins de dix ans, un mouvement de familles ouvrières se transfigure littéralement. Ligue ouvrière chrétienne dans le sillage de la J.O.C., depuis 1934, il devient Mouvement populaire des familles en 1941. Puis, à la Libération, les évêques lui retirent le mandat d’Action catholique, pour le « missionner »tout simplement. Bien peu de temps, il est vrai. Dès 1949, toute attache institutionnelle est rompue avec l’Église, qui recrée, alors, sur des bases nouvelles, l’Action catholique ouvrière (1950). De 1942 à 1951, pour le M.P.F., c’est aussi l’ouverture à de nouvelles ambitions : les problèmes du monde du travail, les problèmes généraux – , dans le langage, ce sont les problèmes politiques – , la représentation familiale…Toutes ces évolutions sont liées entre elles. Mais, sans doute , la déconfessionnalisation progressive du Mouvement en est-elle la condition première. Déconfessionnalisation, émancipation, libération… les mots ne manquent pas dans le souvenir des militants des années quarante pour désigner la mutation décisive.

S’y découvrent trois dynamiques distinctes : la mise à distance des influences cléricales par l’éviction des aumôniers, la coupure avec la hiérarchie et les paroisses et enfin, la recherche d’autres références idéologiques pour attester l’ancrage historique du M.P.F. dans le mouvement ouvrier.

C’est là, certainement, une des premières crises internes de la stratégie d’Action catholique, à l’origine de la création de la J.O.C. et de la L.O.C. Selon ses promoteurs, durant les années 30, l’intervention est fondée dans une conception pyramidale du rapport de l’Église à la société. Si le Christ est au sommet, évêques et prêtres sont des intermédiaires, pendant que les laïcs à la base organisent leur « action intemporelle » sous la forme de services. Au M.P.F., ce modèle fait problème. A l’écoute des familles ouvrières et de leurs besoins, les militants refusent tout enseignement dogmatique ; les services qu’ils ont créé ont tendance à s’autonomiser; enfin, la hiérarchie catholique apparaît compromise avec la bourgeoisie et dans une moindre mesure avec le régime de Vichy. Les évêques tarderont cependant à enlever au M.P.F. son mandat d’évangélisation, car, pour la première fois en France, un mouvement catholique d’adultes avait fait la « percée » dans la classe ouvrière.

Héritiers de la J.O.C., les militants M.P.F. conserveront un catholicisme « intégral et intransigeant ». C’est là le fonds culturel commun à toute une génération de chrétiens actifs, du M.R.P. au P.C.F., du mouvement familial au syndicalisme professionnel, C.F.T.C. – C.F.D.T. mais aussi C.G.T. Mini-diaspora en un sens, mais qui marque aussi les difficultés du Mouvement après sa déconfessionnalisation, à se définir et à préserver son unité. On sait la dernière mutation du M.P.F. en Mouvement de libération du peuple en 1950, puis sa scission de 1951 et l’autonomie progressive du courant familial, pendant que les plus politiques contribueront à la création du P.S.U. des années 60.

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N° 3 – L’ACTION FAMILIALE OUVRIÈRE ET LA POLITIQUE DE VICHY

1939 : le Code de la famille, 1945 : la naissance de l’Union nationale des associations familiales. L’histoire semble continuer comme si les années qui séparent les deux événements avaient été mises entre parenthèses. La volonté politique du législateur à la Libération est de faire table rase de la législation des gouvernements de Vichy. Elle renforce ainsi l’amnésie soudaine de tout un peuple. A la Libération s’affirme la volonté d’un monde nouveau et de l’effacement des années noires.

S’intéresser à cette période des années 1939-1945 procède d’abord d’un principe de méthode : aucun moment de l’histoire ne peut à priori être négligé, même si cette attention risque de réveiller des souvenirs douloureux. L’intérêt pour Vichy, relativement récent, se justifie aussi par les suites, dont certaines sont encore actuelles, de l’œuvre entreprise à ce moment, dans les consciences bien entendu, mais aussi sur le plan des institutions. L’UNAF en est un exemple.

Si les approches de cette période ont parfois l’allure de règlements de compte ou d’introspections douloureuses, c’est sans doute parce que ces analyses procèdent d’une vision manichéenne de l’histoire, comme si celle-ci se résumait à l’opposition entre collaborateurs et résistants. L’histoire de cette période est, il est vrai, encore un enjeu de l’histoire d’aujourd’hui, comme certaines affaires récentes l’ont montré. Mais comme le dit un militant du Mouvement populaire des familles d’alors : « On ne savait pas bien où on allait et on était capables de faire des bêtises. »

Les mouvements familiaux vivent l’histoire de leur temps. Pour eux, comme pour d’autres organisations, les années 1939-1945 ont été une période de crise et de profonde transformation. Débarrassé des institutions démocratiques, Vichy a permis la traduction immédiate de certaines idées en institutions. Certains mouvements ont pu d’abord constater avec satisfaction que leurs souhaits étaient mis en application, telles certaines mesures en faveur des familles ou l’organisation de la représentation familiale, ou encore la mise en place des organisations corporatives.

Mais avec Vichy, les repères vacillent, les malentendus se multiplient. Les organisations sont placées dans des positions contradictoires, à tout le moins incertaines. Ainsi certains syndicats sont séduits par l’application de leurs thèses corporatistes mais l’interdiction des confédérations les remet en cause trop fondamentalement et les éloigne du régime.

Les mouvements familiaux, dont la plupart, tel le M.P.F., sont marqués, directement ou indirectement, par le catholicisme, ne seront pas insensibles à certaines initiatives de Vichy ; ils y seront parfois associés. Mais les tentatives de fusion dans une organisation unique suscitera leur réprobation.

Durant ces années difficiles, les préoccupations du M.P.F. se résument en quelques mots simples : survivre et défendre les intérêts de familles ouvrières. Comme d’autres, ses militants s’efforcent de répondre aux nécessités du moment : manger, se chauffer, assurer le bien-être des enfants, aider les familles dont le père est prisonnier ou qui sont sinistrées…Autant d’actions dans lesquelles sont souvent associés les mouvements ruraux.

Pour défendre les familles, il faut aussi les représenter et se faire accepter à ce titre par les autorités légales. C’est le sens de la participation aux nouvelles instances suscitées ou créées par le régime : Centre de coordination des mouvements familiaux, Comité consultatif de la famille jusqu’à la loi Gounot sur la représentation familiale, autrement dit l’U.N.A.F. première manière.

Les années 1939-1945 sont donc un moment clé dans l’histoire des mouvements familiaux et de la représentation familiale. Ceci justifie l’intérêt que leur ont porté les anciens militants et les chercheurs associés dans le G.R.M.F.

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N° 4 – MONDE OUVRIER

Parmi les outils que la LOC, le MPF, le MLP, le MLO, la CSF… se sont donnés, la presse, et en particulier Monde Ouvrier, a toujours joué un grand rôle, plus peut-être encore que les cercles d’études, les services ou les différents types d’action selon les époques. Le journal appartient non seulement au mouvement mais à chacun de ses lecteurs.

Il a été conçu dès les premiers numéros comme devant servir la cause du monde ouvrier. Le language employé est clair, précis, facile et agréable à lire. Il est en prise directe sur la vie ouvrière de tous les jours. Tous les problèmes des classes populaires sont abordés : conditions de travail, de vie dans les quartiers, la famille, les loisirs, les questions pratiques. C’est un instrument de travail, de réflexion et d’action.

Les correspondants et les diffuseurs sont un élément essentiel de la vie de Monde Ouvrier. Son succès repose en partie sur la sympathie et la mobilisation qu’il suscite. Succès qui lui permit de tirer certaines années jusqu’à plus de 200 000 exemplaires, les numéros spéciaux atteignant 260 000 exemplaires.

L’ouvrage qui est présenté ici n’est pas un travail d’histoire mais un recueil de témoignages venant des anciens rédacteurs en chef, des collaborateurs et, nous dirions aujourd’hui, de « personnalités extérieures » amies de Monde Ouvrier dont elles partageaient les options et les actions. Paul Bacon, François Picard, Paul Rodi, Louis Guéry et quelques uns de leurs rédacteurs font revivre les grands moments de Monde Ouvrier.

Ce sont encore principalement les anciens rédacteurs en chef qui présentent les journaux ayant accompagné ou succédé à Monde Ouvrier : Robert Pottier pour Libération du Monde Ouvrier etViePopulaire, Isabelle Verhaeghe pour Réalités familiales populaires, Jean Boniface pour quelques autres publications.

Chacun a présenté ce qui lui paraissait essentiel dans la conception, l’évolution, les combats des journaux au moment où il y travaillait. On voit ainsi l’aspect action catholique s’atténuer après la guerre alors que des combats plus politiques prennent le relais. La question féminine, la colonisation, le combat pour l’école sont abordés parmi d’autre. Les difficultés de vie pendant la guerre et l’après-guerre également, ainsi que les tensions et les ruptures à l’intérieur même de l’organisation.

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N° 5 – VINGT ANS DE LUTTES OUVRIÈRES ET FAMILIALES DANS LE NORD-PAS de CALAIS

Des organisations comme la CSCV, la CSF, Culture et liberté, Loisirs vacances tourisme, et même, pour partie, le PSU, ont pour origine commune le Mouvement populaire des familles, né en 1941 de la transformation de la Ligue ouvrière chrétienne. On en mesure la riche prospérité !

Ce mouvement s’est particulièrement développé dans le Nord de la France. Certains se souviennent encore de son journal Monde Ouvrier, des machines à laver qui circulaient de maison en maison, de ses campagnes pour la défense des usagers de la Sécurité sociale et, plus tard, pour l’indépendance de l »’Algérie ; d’autres rappellent ses relations parfois tumultueuses avec l’Église catholique qui aboutirent en 1950 à la création de l’Action Catholique ouvrière.

Suivant une méthode maintenant bien rodée au plan national par le GRMF, qui associe militants, anciens militants et chercheurs, ce livre croise plusieurs regards sur l’histoire régionale du MPF dans le Nord-Pas-de-Calais, sur ses actions aux multiples aspects et sur les organisations auxquelles il adonné naissance.

Par l’action de ceux pour lesquels le MPF a été le lieu de formation à l’action militante et qui occupent maintenant des responsabilités dans les domaines politique, social, culturel ou religieux, l’influence de ce mouvement s’est largement prolongée. Elle est encore très perceptible dans la région

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N° 6 – FEMMES, FAMILLE ET ACTION OUVRIÈRE

De nombreuses organisations, comme la Confédération syndicale du cadre de vie, la Confédération syndicale des familles, Loisirs vacances tourisme, Culture et liberté, et pour partie le PSU ont le Mouvement populaire des familles (MPF) pour origine.

Né en 1941, le MPF a toujours travaillé pour la promotion de la famille et de la classe ouvrière. La femme, en particulier, est au centre des préoccupations du mouvement, qui cherche à developper son sens des responsabilités dans la vie de tous les jours. Devenue si possible militante, la femme du milieu populaire prend sa vie en main et milite à son tour pour la promotion collective de la classe ouvrière.

Le MPF, en pleine époque de pénurie de guerre et d’après-guerre crée de nombreux « services » destinés à répondre aux « besoins » du milieu populaire (aides familiales, placement d’enfants à la campagne, comités de ménagères) et qui sont aussi le moyen par lequel il entend former les femmes. Parmi ces services, les associations de femmes de prisonniers ont réuni jusqu’à 200.000 femmes en 1944-1945. Après la guerre, le mouvement participe aux luttes de son époque : combat pour la gauche, anticolonialisme, école, etc…

Pour beaucoup de femmes du milieu populaire, le MPF reste le lieu où ont pu prendre leur essor, peser de façon significative sur leurs conditions de vie et s’adapter au mieux à la société contemporaine.

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N° 7 – LA BATAILLE DES SQUATTERS

Dans les années d’après-guerre, le Mouvement populaire des familles s’est fait connaître avec éclat par une vague de squattages de logements inoccupés au profit de familles populaires mal logés. Rappel ces actions illégales et évaluer leur place dans l’histoire de la politique publique du logement, telle est l’ambition de cet ouvrage.

C’est en réalité pour accélérer la mise en œuvre effective de l’ordonnance de 1945 sur les réquisitions, que les militants familiaux passent à l’action directe et réclament une « justice par effraction ». Installer des familles dans des logements vides particulièrement choisis implique de briser le tabou de la propriété privée et impose un droit d’usage quand les circonstances le nécessitent. A Marseille, l’action se déroule dans un contexte de lutte politique locale exacerbée. A Angers, où le MPF agit en liaison étroite avec Christine Brisset, c’est la bourgeoisie locale qui se déchire : un retentissant procès médiatise la cause des squatters. A Lyon, Nancy, Caen, Paris, un peu partout en France, les opérations de squattage se multiplient ainsi que les poursuites et les procès.

Le Cahier prolonge cette évocation jusqu’aux actions analogues des comités de sans-logis de l’abbé Pierre et à la naissance de la Confédération générale du logement durant les années cinquante.

Il amorce enfin une réflexion sur l’évolution des conceptions théologiques et juridiques concernant la propriété, les droits d’usage ainsi que sur l’action illégale, et conclut en montrant la place de ces actions « à bout de légalité » dans l’invention d’un droit au logement.

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